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Confrontées à la multiplication des actes de violence dans les stades de football, les autorités israéliennes ont donné cette semaine le coup d’envoi d’une offensive sans précédent contre les hooligans. Décidés à frapper fort, la police, les ministères de l’Education, de la Sécurité intérieure et de la Justice ainsi que le Parlement se sont mobilisés contre le fléau. Montrant une unanimité rare, les députés de la Knesset, réunis en séance urgente, ont adopté lundi en lecture préliminaire un projet de loi prévoyant une peine d’un an de prison ferme et l’interdiction de pénétrer sur un stade pendant trois ans pour les supporteurs interpelés avec tout objet apparenté à une arme. Une unité spéciale de "la police des stades" a été constituée. Sa mission : repérer, appréhender et permettre de traduire les casseurs en justice. La fédération israélienne de football a de son côté mandaté une cinquantaine "d’observateurs", invités à se disperser dans la foule lors des matches afin de photographier ou filmer les manifestations de violence dans les gradins. Une photo a récemment stigmatisé le problème : elle montre un supporteur empoignant un marteau lors du "derby" entre le Maccabi et le Hapoël de Tel-Aviv, qui s’est transformé en véritable bataille rangée dans la principale rue de Jaffa.
Couteaux, matraques, torches
"Les matches de foot devraient se dérouler dans une ambiance de concert (...) Malheureusement, il y a quatre ou cinq équipes dont les publics sont problématiques", déplore le commandant en chef de la police, Moshé Karadi. Les rencontres évoquent plus en effet des combats de rue que des joutes sportives. Banderoles, peintures de guerre, mais aussi couteaux, pétards, bouteilles, pierres, matraques, torches composent la panoplie du hooligan. Et les insultes, les slogans racistes ou les cris et mimiques simiesques abondent lorsque des joueurs arabes ou noirs évoluent sur le terrain. "Nous nous préparons aux matches comme à la guerre, et faisons le point de la situation avec nos services de renseignements. Notre credo, c’est la tolérance zéro pour la violence", indique le porte-parole de la police de Jérusalem, Schmouel Ben Ruby. Résultat : la police montée, les unités d’élite des forces de l’ordre et les garde-frontières sont régulièrement mobilisés. Depuis le début de la saison, quelque 140 personnes ont été éloignées des stades.
Traiter le mal à la racine
"Je suis assigné à domicile et je deviens fou, entre la télévision et mon ordinateur", explique l’un d’entre eux, Yossi, 18 ans, déjà appréhendé à cinq reprises ces dernières années. Supporteur du Betar de Jérusalem, il a récemment été arrêté près du stade Teddy de la ville alors qu’il s’attaquait à des "fans" du Maccabi Tel-Aviv. "Ils nous ont provoqués, et nous avons cassé les pare-brise et rétroviseurs de leurs voitures", explique-t-il. Les "commandos" du Betar s’en sont aussi carrément pris au capitaine du club rival, Arik Bénado, en l’agressant à coups de poing. Durant son dernier entraînement, cette équipe a été victime de ses propres supporteurs qui ont envahi la pelouse en lançant des grenades fumigènes et des bouteilles pour manifester leur mécontentement. M. Yitshé Menachem, président de la fédération israélienne de football, préconise pour sa part de suivre l’exemple britannique en "durcissant" les sanctions, et appelle à "traiter le mal à la racine, au niveau de l’enseignement". Selon lui, le hooliganisme dans les stades n’est qu’un épiphénomène reflétant les tensions globales de la société israélienne, la permanence de l’état de guerre et la pauvreté croissante, qui se manifestent notamment par la violence à l’école et sur les routes, le problème des femmes battues ou la guerre des gangs.
Agence Fance-Presse 30 - 11 - 2004 |